La fabrique de l'accompagnement, le manuel XXL
- 28 sept. 2025
- 8 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 déc. 2025
Penser global, agir local en éducation et en formation


Un guide essentiel (500 pages quand même) pour tout acteur de l’éducation qui souhaite s'engager pleinement dans la "Grande Transformation" de l'éducation. Cet ouvrage vous offre une feuille de route concrète et une ingénierie pédagogique et de formation éprouvée, intégrant une vaste palette d'outils et de méthodes capitalisées et raffinées sur le terrain.
Découvrez comment le Développement Professionnel Continu (DPC) s'impose comme une nécessité absolue et une opportunité unique pour les équipes accompagnées et renforcer votre impact.
À travers cinq parties essentielles, ce livre vous accompagnera pas à pas :
Comprendre la Grande Transformation, défis du XXIe siècle, du foisonnement numérique à la déconstruction des représentations ; Il est temps de déconstruire les vieilles cartes et d'embrasser l'innovation !
Maîtriser le Développement Professionnel Continu (DPC) : le levier le plus puissant pour la réussite des élèves : un processus durable, continu et ancré dans votre quotidien.
Ancrer le DPC localement et collectivement : comment le DPC se déploie "proche de chez vous", favorisant une contextualisation, une collaboration et un leadership éclairé.
Devenir un "ami critique" de l'éducation : à quelles conditions et quelles compétences pour des formateurs et accompagnateurs, ces figures de confiance qui posent des questions dérangeantes et guident les équipes pédagogiques ;
Déployer une ingénierie de l'accompagnement: audacieuse et stratégique, fruit de décennies de capitalisation d'expériences. une myriade de modules et d'outils concrets et agiles
Plus qu'une série de formations ponctuelles, le développement professionnel est un voyage qui vous permet de vous renouveler, d'enrichir vos pratiques et de redonner du sens à votre engagement.

disponible sur commande auprès de l'imprimeur (prix net: 40 euros)
La fabrique de l'accompagnement : le manuel pour piloter la transformation de l'École
Dans le paysage éducatif français, traversé par des injonctions de réforme permanentes mais souvent superficielles, peu d'ouvrages osent proposer une véritable ingénierie du changement systémique. C'est pourtant le défi que relève François Muller avec "La fabrique de l’accompagnement", une œuvre de référence essentielle pour répondre à la crise profonde que traverse l'École. L'ouvrage affronte sans détour les questions fondamentales : « À quelles conditions les enseignants peuvent faire évoluer leurs pratiques pour faire réussir tous les élèves ? Quels sont ces mystérieux « accompagnateurs » [...] ? Est-ce que cela marche vraiment ? ».
Fruit de vingt ans d'expérimentations, ce manuel de 500 pages n'est pas un simple recueil de bonnes intentions. Il propose une véritable "ingénierie du changement", un guide pratique et théorique pour piloter la transformation profonde et nécessaire de nos systèmes éducatifs, la seule voie viable face aux impasses du modèle traditionnel.
Un constat : pourquoi le changement est-il devenu incontournable ?
Le livre identifie plusieurs forces motrices qui rendent la transformation de l'École non plus optionnelle, mais impérative. Face à ces dynamiques de fond, l'inertie n'est plus une option.
L'internationalisation des enjeux : Des programmes d'évaluation comme PISA ont globalisé les débats sur l'éducation. Les systèmes nationaux ne peuvent plus ignorer les comparaisons internationales et sont poussés à évoluer pour rester pertinents et performants.
Le foisonnement du numérique : De l'intelligence artificielle au BYOD (Bring Your Own Device), le numérique s'invite massivement dans les classes. Il agit comme un puissant "ferment de changement". François Muller compare sa force à celle que Léonard de Vinci avait comprise en observant "la force inéluctable de l’eau torrentielle". Tenter de l'endiguer est vain ; il faut en apprivoiser les usages.
Les acquis des sciences cognitives : La recherche sur des fonctions essentielles comme l'attention, la mémoire et les émotions fournit des clés précieuses. Ces connaissances scientifiques invitent à repenser en profondeur les pratiques, en rappelant par exemple que le "sentiment de peur est résolument contre-productif à tout apprentissage".
Le passage de la "formation" au "développement professionnel" : L'approche traditionnelle de la formation montre ses limites. L'enquête TALIS 2018 révèle un retard préoccupant pour la France : seuls 35% des enseignants français estiment que leur formation a eu un impact positif, contre 55% en moyenne dans l'OCDE. Ce constat souligne l'urgence de passer à un modèle plus continu et intégré.
La réponse : le Développement Professionnel Continu (DPC) comme nouveau paradigme
Face à ces défis, l'ouvrage positionne le Développement Professionnel Continu (DPC) comme la seule réponse systémique viable. Il ne s'agit plus de "formation continue" ponctuelle, mais d'un processus intégré, collaboratif et centré sur la pratique qui marque un changement de paradigme fondamental.
Modèle traditionnel | Modèle émergent |
L’accent est mis sur les activités (techniques, idées) | L’accent est mis sur la maîtrise des contenus et la capacité à faire apprendre les élèves |
Formats courants : ateliers, séminaires, cours | Variété de formats : interventions en classe, groupes d'analyse de pratiques, etc. |
Centré sur les individus | Centré sur les équipes-écoles |
Courte durée, engagement limité | Durée plus longue, engagement à implanter les acquis |
Le formateur est maître du contenu | Co-construction itérative entre enseignants et formateurs |
Théorie de l’apprentissage individuelle | Théorie de l’apprentissage intégrant les dimensions sociale et organisationnelle |
L'accent est mis sur le développement individuel des enseignants | L'accent est mis sur l'amélioration de la qualité des services éducatifs |
Lieu unique et dédié | Les activités se déroulent en divers lieux, y compris en classe avec les élèves |
Le leadership n'est pas un sujet important | L'entraînement au leadership et à l'entrepreneurship est un sujet important |
Pour incarner ce changement, le livre identifie dix "actes" professionnels concrets qui constituent le cœur de la transformation :
Accompagner : Soutenir les élèves dans leurs apprentissages en décalant la posture de simple enseignement.
Faire équipe : Développer des coopérations pour accroître la cohérence et l'impact des actions sur les élèves.
Enrôler : Structurer le travail collectif en élaborant un nouveau partage des rôles et des responsabilités.
Coopérer : "Déprivatiser" la pratique pédagogique par la co-animation et la mutualisation des ressources.
Organiser : Améliorer l'organisation pédagogique au-delà de la classe, en variant groupements et horaires.
Analyser : Centrer l'attention du collectif sur les effets produits auprès des élèves, transformant les enseignants en "enquêteurs" de leurs propres pratiques.
Réguler : Mesurer les progrès par petits pas et adopter une stratégie durable de résolution des problèmes.
Traduire : Transposer les besoins des élèves et les acquis de la recherche en une stratégie pédagogique cohérente et communicable.
Expérimenter : Adopter une démarche d'essai-erreur, en analysant ce qui marche pour ajuster les dispositifs.
Évaluer : Mesurer ce à quoi l'équipe entend donner de la "valeur", plutôt que de simplement valoriser ce qui est facile à mesurer.
Un acteur clé : l'émergence de l'« ami critique »
La mise en œuvre du DPC repose sur l'émergence de nouvelles fonctions. L'une des plus essentielles, véritable cheville ouvrière du système, est celle de l'« ami critique », un acteur clé pour accompagner la transformation au sein des équipes. Sans cette posture, le DPC risque de n'être qu'une initiative de formation descendante de plus. : « L’ami critique est une personne de confiance qui pose des questions dérangeantes, propose des données à étudier avec un autre regard et critique le travail déjà réalisé comme un vrai ami. ». Loin de l'expert qui impose ses solutions, l'ami critique est un facilitateur qui aide l'équipe à analyser ses propres pratiques et à trouver ses propres solutions.
Pour décrire la posture de cet accompagnateur, l'ouvrage convoque la métaphore du colibri (oiseau-mouche), chère à André de Peretti. Comme l'oiseau qui butine sans "piquer la fleur", l'accompagnateur doit maîtriser une alternance délicate de présence et de distance. Il s'agit d'éviter toute "pression lourde ni piqûre" et de parvenir à une ingénieuse "régulation de sa présence-distance motivante" pour soutenir le développement sans jamais s'y substituer.
Une ingénierie concrète : la "boîte à outils" du changement
"La fabrique de l’accompagnement" se distingue par son approche éminemment pratique. Plus qu'un essai théorique, c'est un véritable manuel opérationnel, une "boîte à outils" pour les praticiens du changement.
Le "carré magique" : Ce modèle permet de penser le changement de manière systémique autour de quatre variables interdépendantes : les Pratiques, les Espaces/temps, les Ressources humaines et la Formation. Son pouvoir "magique" réside dans son usage diagnostique : il révèle que le pilotage classique surinvestit les leviers P et F, tout en négligeant presque totalement les leviers E et R, qui sont pourtant les plus puissants pour un changement durable.
Des modules de formation concrets : L'ouvrage propose des "particules élémentaires" de la formation, des modules prêts à l'emploi et adaptables comme le MODULE « premiers pas », le MODULE « vision » et « créativité », qui permettent de construire des parcours de développement professionnel sur mesure.
Des outils d'auto-diagnostic : Pour nourrir une approche réflexive, le livre propose des outils comme le "Quizz : votre établissement et vous" ou l'"Auto-test de positionnement pour un « accompagnateur »". Ces instruments permettent aux équipes et aux individus de prendre conscience de leur situation et d'identifier leurs besoins.

Une invitation au voyage pédagogique
"La fabrique de l’accompagnement" démontre que la transformation de l'École n'est pas une série de réformes descendantes, mais un processus continu, un "voyage" qui se construit localement. Ce voyage exige une ingénierie rigoureuse, des outils éprouvés et de nouvelles postures professionnelles, à l'image de celle de l'ami critique.
Pour tous les acteurs de l'éducation – enseignants, formateurs, personnels de direction – engagés dans cette grande et passionnante transformation, cet ouvrage est à la fois la carte pour s'orienter et la boussole pour garder le cap.


Préambule en forme de teaser
A quelles conditions les enseignants peuvent faire évoluer leurs pratiques pour faire réussir tous les élèves ? Quels sont ces mystérieux « accompagnateurs », prétendus ou réels, qui peuvent les aider, d’une manière ou d’une autre ? Est-ce que cela marche vraiment ? Qu’est-ce qui a changé et change encore sans qu’on le perçoive vraiment ?
C’est du développement (professionnel)
Le développement professionnel relève des dynamiques qui changent significativement les systèmes éducatifs. Une amélioration des résultats des élèves nécessite que les enseignants disposent, outre une connaissance théorique solide, des compétences pour mener l’enquête sur leurs pratiques et de conditions facilitées dans l’organisation de leur travail.
Pour des écoles plus « efficaces » , cinq facteurs concourant à l’amélioration de la qualité de l’enseignement et des acquis des élèves font système pour « faire des écoles des grandes écoles » (pour reprendre le titre de David Hopkins). Cela transforme peu ou prou l’organisation du travail scolaire : nouvelle répartition des rôles et des responsabilités au sein de l’école ; direction plus collégiale), des relations renouvelées avec élèves comme avec les parents par exemple et le renforcement de la reliance (réseaux).
Ami (critique)
Cette « transformation » à bas bruit révèle une figure de l’ombre : la figure de «l’accompagnateur » émerge parce la formation elle-même mute, parce que les enseignants évoluent, parce que les élèves changent. Notre affaire sera de pouvoir profiter des enseignants suffisamment solides et solidaires, experts de leurs pratiques, pourvu qu’on leur fasse confiance.
Plusieurs « métiers » peuvent s’y retrouver, voire en revendiquent l’attribution, par exemple, IEN, CP, formateurs, directeurs, et aussi enseignants-ressources (et pas que du premier degré), d’autres fonctions (le Cardie) etc. Cependant, c’est souvent indépendant du statut, très dépendant en revanche des compétences sollicitées dans la plasticité des rôles potentiels joués par l’ami critique et dans la variété des rencontres avec une équipe sur le terrain.
Ainsi, le développement professionnel continu des enseignants permet d’envisager une nouvelle cartographie des acteurs et de nouvelles compétences pour les rôles en place, de nouvelles interactions à explorer.
Ingénieries variées ; renforcer son identité professionnelle en ingénierie de la formation
On ne valorise que ce que l’on reconnait. Votre expertise sera d’autant plus respecté(e) et reconnu(e) que vous disposez rapidement et fort à propos d’outils variés, de méthodes agiles et de techniques souples de mise au travail, d’engagement à la coopération et d’invitation à la production.
Avec eux, vous écoutez, vous questionnez, vous proposez toutes sortes de méthodes, de techniques, qui permettent de déclencher ou de renforcer une dynamique collective ; c’est ce qu’on attend d’une équipe : qu’elle se saisisse de ses propres questions, qu’elle arrive à identifier son horizon et qu’elle choisisse comment y parvenir.
Dans la boite à outils, André de Peretti nous transmet une seule consigne: répartir des rôles consistants au sein du groupe, d’une équipe, à l’échelle d’une journée, plus durablement, d’une année. L’équipe ou le groupe de formation est ainsi organisé pour apprendre de lui, sur lui et par lui, et un peu grâce à vous aussi. Le ferez-vous ?
Un des moyens est de travailler avec les questions des professionnels ; que savez-vous des zones en friche de votre métier, des questions qui animent vos collègues, des doutes qui traversent la fonction ? Pouvons-nous en débattre pour mieux construire la professionnalité et fonder l’expertise ?
La capacité d’innovation et l’agilité dans le changement viendront de la possibilité pour votre groupe professionnel de faire aussi un inventaire collectif et expert des pratiques et des ressources à votre disposition. Exploitez et mutualisez, échangez en vous ouvrant à d’autres « métiers », connexes, dans des environnements différents ; vous apprendrez autant qu’ils apprendront de vous.
A ces seules conditions, vous serez identifiés comme des professionnels connus et reconnus






Commentaires