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Que dit-on quand on dit « ailleurs » en éducation ?


Un des premiers temps du module expérimental « aller voir ailleurs », un dispositif d’auto-formation accompagnée pour les enseignants du premier degré (Paris), cela a été d’abord de questionner chacun d’entre nous sur cet « ailleurs » qui avait motivé largement leur inscription… et leur présence massive.

Pour ce faire, la technique du photolangage, déjà éprouvée sur d’autres thèmatiques, a été reprise afin de faire une présentation croisée, active, et dynamique.


Un recueil, une compilation, un assemblage de documents photographiques soit déjà constitué, soit à constituer vous-même.

Destinée à faciliter l’émergence et l’expression des représentations individuelles et collectives sur un thème, une question donnée et suffisamment précise, la séquence s’organise en 4 temps:

  1. présentation de l’objectif et du déroulement

  2. choix individuel

  3. travail en groupe autour des choix individuels

  4. analyse des travaux

Les photos doivent être suffisamment suggestives et polysémiques. A cet égard, le noir et blanc favorise la projection (c’était le parti pris de l’édition d’origine).


Toutes exposées sur les tables, les photos font d’abord l’objet d’un tour de table avec déplacement des personnes, puis d’un choix sur la base d’une consigne, enfin d’une explicitation du choix. C’est une étape essentielle pour confronter les diverses représentations sur une consigne donnée. Très efficace par le détour utilisé: l’image dépasse le formalisme « scolaire » et fait appel à la Personne (cf. Carl Rogers).


Ainsi, chacun a pu prendre appui sur une image métaphorique de ce que l’ailleurs peut représenter pour lui (ou elle). De prime abord, cela peut ressembler à une liste « à la Prévert »:

  1. Le coureur de fond en montagne

  2. Qui est l’autre ?

  3. La porte en bois fermée

  4. Des chirurgiens au travail

  5. Laborantine et expériences

  6. Une équipe de chantier

  7. Une personne seule sur la montagne

  8. Une pierre à la main, menace

  9. Une ouverture de porte sur un paysage

  10. Des danseurs en mouvement

  11. Un livre et une instit au tableau

  12. Jeu collectif au ballon

  13. Des panneaux routiers sans sens

  14. Un ouragan vue de satellite

  15. La boite à œufs « salle des profs »

  16. La clé de sol

  17. Varappe, prise de risque

  18. Grille de mots croisés vide

  19. Un planeur

  20. Une piste dans le désert ? Sur Mars ?

  21. La leçon de piano

  22. Le labyrinthe


Chaque vue présentée fait non seulement l’objet d’une description, toute intéressante, car, d’évidence, nous ne « voyons » pas les mêmes choses. Mais aussi, la vue est accompagnée d’un commentaire qui explicite la représentation, ici de « l’ailleurs » – c’était la consigne.


De la sorte, nous pouvons consigner les items recensés suivant trois critères

  1. une dimension géographique: l’ailleurs est plus ou moins proche, plus ou moins lointain

  2. en rapport avec le domaine professionnel de l’éducation: relativement proche ou trés éloigné

en fonction de l’objectif: une démarche plus « altruiste » (noir), ou une démarche plus auto-centrée (orange)




Dimension géographique proche lointainproche Connaître un autre fonctionnement Ouvrir l’Ecole dans l’espace, vers l’autre


Domaine professionne

lComment maitriser des connaissances et les transmettre

Exprimer un cri

Dépasser la solitude et avoir accès à des ressources S’intéresser à d’autres pays voisins (enseigner, rythmes scolaires)

Ouverture sur le monde du travail

Ailleurs est universel (musique)

Une autre profession nous renseigneEnrichissement personnel

Changer de point de vue, perdre ses repères, ne plus être maitre à bord,

Se « mettre en danger »Construire d’autres repères, dépassement de ses limites

En référence au déplacement nomade , question de survie, marcher, lutter contre ses peursFaire un voyage, partirFaire d’autres rencontres, plus loin, partante pour des expériences (ouverture vers l’Afrique)lointain

Vraiment voir un autre métier, au grand air, quelque chose de fascinant, agir sur son environnement

Sortir des cadres de l’Ecole, sclérosants, relations avec les adultes, considération, respect, sortir de la conformité

Ce premier exercice individuel et collectif nous permet au moins de valider notre hypothèse toute formative: manifestement, « aller voir ailleurs » correspond à un réel besoin. A présent, s’agira-t-il de besoin assumé par la formation ?

C’est une partition encore à écrire.

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